Préface - Les Livres de Pierre LIVORY

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Préface

SYLVIANE !

Préface

Qu’y aurait-il de commun entre un Stradivarius de 1728, un canote-misainier breton, mis à l’eau dans le joli port de St Goustan le 15 juin 1937 et la mythique Calypso qui – sous le bonnet rouge et folklorique du Commandant Cousteau, tant fit rêver marins et aventuriers des mers ?   Question bateau, me direz-vous ! Ou plus exactement peutêtre, question de bateaux … Oui mais alors, en cette affaire, quid du violon ?  Le vocabulaire, peut-être ? Quelques similitudes lexicales en effet, telles que barre, corde (celle de la cloche du navire, il s’entend !), bord, cheville, joue, taquet ou voûte qui uniraient en un glossaire commun le luthier à l’architecte naval.  C’est mince ! Peu convaincant, je vous le concède. Il y aurait bien une explication, plus probante, et commune à ces trois ouvrages dont les titres, étrangement, se font écho. Voyez donc : Moi, Milanollo, fils de Stradivarius, Moi Calypso, autobiographie secrète d’un bateau de légende, Moi, Sylviane, canote-misainier (1).  Nous y voilà ! Et comme l’aurait dit en son temps ce bon commissaire Bourrel « Bon dieu ! Mais c’est bien sûr … ».  Bien sûr que ce « moi » du titre, claquant tel un étendard - quasi freudien, tisse le fil rouge qui unit ces trois ouvrages. Le « moijeu » de l’objet conscient qui se fait narrateur et qui, se saisissant de sa propre histoire en déroule le récit objectif…. ou presque. Quoi de plus naturel en somme que la parole d’un violon qui nous livre son âme, que l’autobiographie secrète d’une Calypso au destin singulier et tragique, ou bien encore que l’émouvant récit murmuré par Sylviane, canote-misainier, déroulant au fil des pages, les rires, les tendresses et les petits malheurs d’une saga familiale et marine ?

Car, dans ce très beau récit, porté par la voix singulière de Sylviane, à qui l’ami Pierre Livory a bien voulu prêter sa plume, c’est bien d’enfance, de mémoire, de temps qui fuit, de passion et de fraternité dont il s’agit.  Mémoire du chêne des origines, façonné par les mains d’or de Firmin Brizard, charpentier de marine. Mémoire de l’enfance, avec ses rêves d’expéditions, d’aventures hasardeuses, de navigation au long cours et de pêches miraculeuses dans la ferveur d’une fratrie où tendresse prévaut sur chamailleries.  Mémoire des étés, des retrouvailles familières, des plages offertes aux courses folles ….  Passion d’un univers marin, circonscrit, parfois bien modestement, à quelques encablures d’un rivage familier où le temps d’un été, l’imaginaire de mômes en liberté, conduit au défi, au risque mesuré ou au simple bonheur d’être en vie.  Moi, Sylviane, canote-misainier aux multiples vies, de la naissance au grand sommeil (2), je demeure le témoin privilégié, sensible et charnel de ce roman familial partagé avec Pierre, Jacques, Geneviève et quelques autres. Que l’on soit précieux violon, navire prestigieux marqué par l’Histoire ou modeste canote des rivages bretons, le prix d’une existence se mesure à l’écho qui perdure dans l’âme de ceux qui vous ont aimés, aux souvenirs partagés de saison en saison, aux bonheurs rêvés de l’enfance, aux sillons tracés dans l’existence de l’autre.  Sylviane est de ces objets en apparence inanimés dont l’âme s’attache à notre âme et la force d’aimer  (3).  

Michel PHILIPPO
Producteur délégué à Radio Bretagne5
(1) Moi, Milanollo, fils de Stradivarius, Jean Diwo, éd. Flammarion.  Moi Calypso, Jocelyne de Pass, éd. Michalon. Moi, Sylviane, canote-misainier, Pierre Livory, Donjon éditions.  
(2) Paroles extraites de la chanson Marie, Jeanne, Gabrielle, Louis Capart.
(3) Milly ou la terre natale, Alphonse de Lamartine.



 
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